Carnet de route

Chardonnet 3824m - arête Forbes

Sortie :  Arête Forbes :Chardonnet du 13/07/2013

Le 15/07/2013 par PHILIPPE CROISSANT

Après le Doldenhorn du w-e précédent, j’avais mis au programme une course dont je rêvais depuis fort longtemps : l’arête Forbes au Chardonnet connue comme étant l’une des plus belles courses d’arête des Alpes.

Et ce fut un véritable enchantement : tout y a été : des conditions d’enneigement optimales, un bon regel nocturne, une météo au top et aussi et surtout un partenaire - en l’occurrence une partenaire Sabine – dans une forme olympique et qui a pris avec maestria la tête de la cordée au moment où j’ai eu un gros coup de pompe lié à une semaine difficile.



Dans la semaine précédente, j’ai douté un moment qu’avec la chaleur les conditions ne se dégradent de trop : c’est donc avec soulagement que j’ai vu les prévisions de températures baisser pour le dimanche. Un dernier passage le samedi à l’Office de Haute Montagne à Chamonix et nous étions sur et certain que les conditions allaient être au TOP.

Nous sommes donc montés confiants à Albert 1er. Une mauvaise nuit m’attendait –comme d’habitude – et c’est à 1h45 que nous nous sommes levés. Départ 3h00. Deux heures de marche un peu paumatoires dans une nuit noire nous ont été nécessaire à travers le glacier du Tour pour arriver au pied du Chardonnet.

Les premières pentes à 40° impressionnent un peu au début mais le passage de la Bosse à 50° fut avalé sans encombre avec un seul piolet. Nous nous sommes dit à ce moment qu’en glace, ça ne devait sûrement pas être la même…………

C’est donc sur un superbe levé de soleil que nous atteignons la base de l’Arête Forbes à 6h00. Le moment de faire quelques photos et d’avaler une barre et nous repartons.

Nous dépassons une cordée dans la foulée. Mais quelques minutes plus tard, arrive ce que je redoutais: j’éprouve un gros coup de passage à vide lié à une semaine écoulée éprouvante. Nous étions alors dans le passage le plus difficile de l’arête avec des gendarmes à contourner à leur base, à gauche le rocher sans possibilité de mettre des points d’assurage et à droite des pentes à 50/ 60° filant sur quasiment 800 m de haut. Pas le droit à l’erreur. Sabine passe alors devant et tire une première longueur : malgré cela, j’ai du mal, je sens que mes placements ne sont plus aussi justes que précédemment, l’engagement est là et me pompe toute mon énergie. Je force alors toute ma concentration sur mes pieds en faisant bien attention de ne pas m’accrocher le pantalon avec les crampons, nous sommes à ce moment là en corde tendue et toute erreur serait fatale. Sabine est bien consciente de mes difficultés mais garde son calme.

Je mange ensuite un morceau et pas après pas, petit à petit, la forme et la confiance reviennent. Un dernier ressaut et nous arrivons au sommet à 8h45. Merveilleux ! Le spectacle est sublime ! Et nous sommes dans les temps du topo. Nous avons le temps de voir 2 jeunes qui arrivent par l’éperon Migaud : 60% de pente et ils montent ça facile ! Là, je prends un petit coup de vieux, c’est sûr !

Quelques photos et nous commençons la descente : pas question de se déconcentrer : 2 couloirs de neiges à 40% filant vers l’abime, pas question là aussi de déraper mais la forme et la confiance sont revenues. Nous arrivons ensuite aux rappels et là c’est la queue. Toutes les autres cordées étirées sur l’arête arrivent au même moment. Des Suisses très sympas nous proposent de partager leurs cordes pour faire 2 rappels au lieu de 4 et nous arrivons rapidement au col Reilly. La descente du glacier de l’épaule est une formalité et nous rentrons pour 13h00 au refuge Albert 1er la tête plein de souvenirs inoubliables.

A bientôt.

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