Carnet de route
Autour de la Chlushütte- du 24 au 26 janvier 2026
Le 29/01/2026 par Joëlle Froidurot
Samedi 24 janvier 2026.
C'est samedi, de bon matin que nous partons en caravane de véhicule (5 !) vers Hirsegg à côté de Sörenberg dans le canton de Lucerne. 2 groupes de skieurs, l'un de neuf personnes, parti pour 3 jours, l'autre de 8 pour 2 jours et 5 raquetteuses.
La route est sans encombre et à 10h30 nous sommes fin prêts, après le paiement de la sempiternelle redevance de parking Suisse.
La première montée gelée nécessite les couteaux puis nous atteignons une longue plaine dans laquelle nous évoluons au milieu de pins, ponctuée de petites descentes et de montées : c'est très bucolique. Un dernier petit raidillon permet d'atteindre 700 m plus haut la cabane de la Chlushütte (1774m) un peu avant 13h, sur un plateau face à l'Oberland. Eiger, Jungfrau et Mönch seront nos voisins ce weekend. ????.
La cabane n'est pas gardée, nous avons récupéré la clé dans la vallée. Après une courte pause pique-nique au soleil sur la terrasse du refuge, 11 skieurs et les 5 raquetteuses rechaussent pour se diriger vers le Schibegütsch (2037m). Le reste de la troupe œuvre pour allumer le feu et faire fondre la glace de l'auge pour qu'on ait de l'eau. La montée au sommet 300 m plus haut se fait avec les couteaux pour les moins rassurés et après 1h et quelques petits passages à 35° le panorama s'étale devant nous : grandiose ! Il est temps de rejoindre une pente en face nord par le biais d'une petite arête. La neige est excellente et une fois franchi le passage comportant des failles karstiques le groupe peut jouir d'une bonne descente. Retour à la cabane mais pas de répit pour Alain, Bertrand Jérôme et Florent : la corvée d'eau les attend ! Les voilà affublés de réservoirs portables sur le dos pour aller à la source située à 50m en contrebas du refuge !
L'éclairage solaire ne fonctionne pas, nous dînerons donc à la frontale : soupe lyophilisée avec emmental râpé, pâtes sauce à l'ail, flan à la vanille. À 21h tout le monde est fatigué et regagne sa couche : 12 dans un dortoir, 6 dans un autre et 4 sur des paillasses dans le grenier, pièce centrale du chalet. Si la température atteint péniblement 3°C en début de nuit dans les dortoirs, elle est stable aux alentours de 0°C dans cette pièce centrale, où dorment Jérôme, Jean-Michel, Christophe et Florent. Ils n'auront pas bien chaud…
Dimanche 25 janvier 2026.
À 7h30 tout le monde est sur le pont et à 9h c'est le grand départ. Objectif du jour : le Hängst (2092m). Les trois groupes sont indépendants au départ : les raquetteuses filent vers la crête au-dessus du refuge alors que les skieurs prennent la direction de la descente. Peu après le petit col à franchir avant d'entamer véritablement la descente, 2 lagopèdes se donnent en spectacle dans les touffes d’herbe (il y a peu de neige !) : on est sous le charme !
300 m plus bas il est temps de mettre les peaux.
Louane, qui souffre trop à cause de ses ampoules, nous abandonne ici et regagne les voitures toutes proches.
La montée est magnifique et serpente entre les failles karstiques, nous donnant presque l'illusion de nous trouver sur un glacier crevassé. 300 m sous le sommet nos chaussons les couteaux. C'est ici que Angeline, Pierre, Marie-Laure, Patrice, décident à leur tour de rejoindre les voitures. Laurent les accompagne pour les mettre sur le bon chemin puis rattrape le reste de la troupe en mode turbo.
Nous croisons le groupe de raquettes piloté par Christine C. au pied de la dernière montée. Elles sont déjà sur le chemin du retour et nous donnent des infos pour notre retour à la Chlushütte puisque nous emprunterons une grande partie de leur itinéraire.
Comme la veille, nous sommes 11 au sommet vers 13h. Le socle de la Croix coiffant le Hängst nous sert de siège pour le pique-nique, à nouveau sous le soleil. Nous redescendons ensuite la pente sommitale tous ensemble avant de nous séparer : Lucie, Christine V. et Laurent reviennent aux voitures alors que le groupe de 9 avec Alain regagne le refuge.
Pour ce faire, nous cheminons dans des petites combes avec des montées et descentes successives, le cadre est magnifique : on se croirait seul au monde à avancer dans un paysage de coton. Une dernière ascension nous emmène au Türstehäuptli à 2033m. Le temps de charger les skis sur le dos et nous poursuivons le long de la crête afin d'atteindre l'une des Combes surplombant la cabane. Cela nécessitera encore une petite montée en escalier. Bertrand décide d'expérimenter la conversion amont avec des skis en position de descente : et bien…le résultat n'est pas probant !
Arrivés au refuge, c'est presque la routine : certains retournent chercher de l'eau à la source, d'autres s’affairent en cuisine. Florent a eu la gentillesse de cuisiner un couscous qu'il a ensuite déshydraté pour alléger les sacs à la montée. Le résultat une fois réhydraté est très réussi et c'est un vrai festin qui nous attend ce soir ! On termine par un flan à la pistache : le repas est pantagruélique !
Nous ne sommes plus que 9 ce soir et nous nous répartissons dans les deux dortoirs, toujours aussi glaciaux en début de nuit, mais les gros duvets de l'armée fournis ont raison du froid.
Lundi 26 janvier 2026.
Lever à 7h ce matin pour tout ranger avant notre départ à 9h. La tempête a sévi cette nuit : pas mal de vent et une petite dizaine de centimètres de neige qui recouvre les pentes alentour. Je rêvais d'être dans une cabane pour observer des animaux en hiver, me voilà servie : une harde de chamois paît dans les pentes juste en face du refuge !
Nous empruntons la même descente qu'hier mais cette fois en poudreuse, ça change tout ! Nous redescendons de 500 m avant de “peauter” pour attaquer la montée vers le Hächle à 2088 m. Avant cela, nous déposons poubelles et restes de nourriture dans un arbre afin de limiter le portage. Nous suivons d'abord la route avant une montée un peu raide et accidentée dans la forêt. S'ensuit un cheminement dans le relief karstique, pas évident car la visibilité est nulle, nous sommes dans le brouillard, tout est blanc, et Alain a du mal à appréhender le relief. Les dernières pentes enneigées sous le sommet serpentent entre les rochers et la vue au sommet se cantonne à…du blanc ! On se requinque avec le pique-nique avant une descente dans une neige excellente, mais il est difficile d’en profiter par manque de visibilité. Nous atteignons les voitures vers 16h, il est temps de regagner nos pénates après 3 jours intenses, chargés d'émotion et de découvertes. 3 courses et 3 ambiances différentes. Merci Alain pour toute cette organisation !
Le surlendemain, le gestionnaire de la cabane nous reproche de ne pas avoir rendu les locaux comme il le souhaitait et nous traite d’irresponsables…cela nous affecte car nous avions rendu l’ensemble propre, rangé…






