Carnet de route
Piz Palü & autres
Le 04/04/2026 par Jérôme
Le week-end de Pâques, c'est l'occasion d'aller voir plus loin, d'autres montagnes. Cette année, ce sera les Grisons. Fred avait fait la pub de cette sortie technique pour aller faire des 3000+. Et puis, comme 'Piz Palü' ça laisse rêveur, je me suis inscrit.
Le RDV est habituel à Montbéliard, donné au samedi matin pour un départ groupé dans la voiture de Manu. Nous sommes sept : Fred, Laurence, Manu, Fred, Joce, Laurent et Jérôme. Après 4h30 de trajet, on est rejoint sur le parking de la Morteratsch par les enfants Chabod, Maude et Bastien.
A nous les remontées de glaciers, aux parents la Rivieira du lac de Côme.
Objectif du jour 1 : Mise en bouche - Piz Mandra (3091m)
L'ascension commence à flanc de vallée, dans une neige de printemps, et on établit l'itinéraire a travers les pins. Les sacs sont bien chargés, et sous le ciel brumeux, il fait moite ! Du sommet, il faut rejoindre le refuge, par une longue traversée dans une neige carton/gobelets bien désagréable, avec les cailloux pas loin! Avec mes skis tout noeufs (de Pâques), je grince des dents. A cause du départ matinal, on n'est pas forcément en avance, mais on rejoint le refuge pile pour la soupe. Bonjour au gardien (on dit "Allegra" en romanche), et on s'assoit les pieds sous la table, les avantages de la demi-pension.
Objectif du jour 2 : L'Haut-bjectif. Traversée des Piz Palü (3899m).
Le Piz Palü est un massif glaciaire composé de trois sommets, reliés par une arête. Faire la traversée est un itinéraire logique, mais encore faut il mettre le pied dessus! On opte pour l'itinéraire le plus accessible. En sens horaire, montée par le Vadret (=glacier) Pers, puis traversée est/ouest, et descente directe par une faiblesse de la couronne glacière. Partis du refuge à 6h30, la montée se fait encordé jusqu'au col à 3720m. Il est midi. La pause repas s'impose. L'altitude se fait sentir ! L'ascension se continue sur l'arête en crampons, très scénique! Les conditions sont bonnes, grand soleil et pas de vent. De quoi être a l'aise pour tout le monde dans la progression, et prendre la pose pour les photos. Du premier sommet, on continue par une courte traversée, qui offre une vue plongeante sur les faces nord et sud, et les séracs suspendus.
On apprécie l'instant au sommet, puis on redescend toujours vers l'ouest, avant de trouver le passage de désescalade dans des gros blocs, pour remettre le pied sur le glacier. C'est l'occasion du premier rappel en crampons pour Maude et Bastien. Ce court passage en Italie permet a Fred de nous montrer a quel point il aime progresser (=chuter), la faute a un ski mal chaussé. Sans conséquence dans la grosse neige! Commence alors le passage le plus délicat, la descente dans un couloir encerclé de séracs, où il vaut mieux être efficace. Là aussi, les conditions sont bonnes, et d'autres sont passés avant nous. On entre dans la pente en passant deux crevasses, puis un passage glacé, avant de pouvoir se faire plaisir dans la poudre qui fait suite. Les 'obus' servent de piquets de slalom dans la pente, et la neige est bien meilleure que la veille! Rassurés par la réussite de ce premier passage, on déroule jusqu'au pied du glacier, en reprenant un peu plus de souffle a chaque arrêt. Depuis notre nouveau plancher des vaches (le Vadret de Morterastch), l'itinéraire de descente que l'on vient de faire a une sacrée tronche! On remonte la moraine pour retrouver la Chammana da Boval (notre refuge). Les troupes dormiront bien !
Objectif du jour 3 : un Piz c'est tout. Piz Tschervia (3545m)
Ambiance printanière avec un iso à 3600m, il faut partir tôt. Qui dit dernier jour, dit sacs complets. L'itinéraire se fait en AR. On fera un dépôt stratégique des affaires de refuge sur le chemin, pour les récupérer à la descente, et éviter de porter.
Pour atteindre le sommet depuis Boval, il faut basculer par une fenêtre sur le glacier de Misaun, puis remonter la rampe finale sur 300m. On découvre avec plaisir que des skieurs sont passés plus tôt dans la semaine, et nous ont laissé une trace d'école. L'accès à la fenêtre se finit en crampons, par une rampe suspendue, et on y constate une neige qui s'annonce bien prometteuse ! Côté Tschervia, la désescalade est bonne, et le glacier débonnaire car bien chargé en neige. La longue rampe nous amène au sommet, qui malgré sa prédominance, semble écrasé par le Piz Bernina et sa Bianco Grat. Il fait bon, et on profite une heure au sommet, le temps de casser la croûte et d'apprécier la vue. On partage la montagne avec deux Suissesses ce jour là, le calme est appréciable comparé à la fréquentation du Palü la veille (la benne se trouve aussi plus loin du sommet). La descente se déroule par l'itinéraire de l'aller. On rechausse au sommet de la fenêtre, et on passe prudemment la rampe suspendue, avant de lâcher les chevaux dans ce qui est la meilleure neige des trois jours! On retrouve Laurence et Maude pour le début de la descente vers le parking, qui sera compliquée dans une neige chauffée, et se dérobe en plaque sous notre passage.
Arrivée 15h, c'était un très chouette tour de trois jours!
Il nous reste le trajet du retour, assuré au volant du van 7 places par Manü. Les victuailles nous remettent à niveau. Le 'à l'ail' de Joce nous laisse de bons souvenirs!
A+ en montagne,
Jérôme





